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Travel Advice
Le pont du Rialto à Venise, ses arcades et son tablier animés de visiteurs, avec des gondoles sur le Grand Canal
Récit

Surtourisme : où faut-il payer pour entrer en 2026 ?

Ticket d'accès, taxe de séjour, taxe croisière ou simple quota : le point complet et daté sur les villes et sites qui font payer l'entrée en 2026, avec les tarifs officiels et les plateformes à utiliser.

Par La rédaction Travel Advice 10 min de lecture

Quatre dispositifs très différents sont regroupés sous l'étiquette « taxe anti-surtourisme », et les confondre coûte cher. Un ticket d'accès se paie avant d'entrer dans une ville ou sur un site. Une taxe de séjour se règle à l'hôtel, par nuit et par personne. Une taxe croisière est versée par la compagnie et déjà incluse dans votre billet. Un quota, enfin, n'ajoute aucun euro mais impose un créneau horaire et un billet nominatif — et c'est souvent la contrainte la plus piégeuse.

Voici l'état des lieux au 13 août 2026, tarifs officiels à l'appui. Premier constat, et il va à rebours de ce que vous lirez ailleurs : le cas le plus célèbre de tous n'est pas en vigueur aujourd'hui.

Venise : le ticket n'est pas actif en ce moment

Vous pouvez entrer à Venise gratuitement aujourd'hui. La campagne 2026 du contributo di accesso s'est achevée le dimanche 26 juillet 2026, et le calendrier 2027 n'est pas encore publié. Depuis le 27 juillet, aucun paiement ni demande d'exemption n'est requis — un détail que la quasi-totalité des articles francophones, qui en parlent au présent, passe sous silence.

Le dispositif reste une expérimentation, reconduite d'année en année sur un nombre de jours limité. En 2026, il a couvert 60 journées : tous les week-ends d'avril à juillet — vendredi inclus —, les jours ouvrés entre la fête de la Libération et celle du Travail (27 au 30 avril), et les quatre premiers jours de juin. Bilan communiqué par la municipalité : plus de 5 millions d'euros encaissés et environ 650 000 voucher payants émis.

Quand il s'applique, le tarif est de 5 € si vous réservez au moins quatre jours à l'avance, et de 10 € dans les trois jours précédant la visite. Il ne concerne que la cité historique et quelques îles proches, entre 8h30 et 16h00 : Murano, Burano et Torcello en sont exclues. Les personnes dormant dans un hébergement payant de la commune en sont exemptées, puisqu'elles acquittent déjà la taxe de séjour — mais l'exemption doit être enregistrée pour obtenir un QR code. En cas de contrôle sans titre valable, le règlement municipal prévoit une amende de 25 à 150 €, et non les 50 à 300 € souvent cités par la presse.

À surveiller : la mairie a indiqué que 2027 pourrait dépasser les 60 jours. Vérifiez le calendrier sur cda.ve.it avant de réserver un séjour de printemps.

Visiteurs massés sur le tablier du pont du Rialto à Venise, gondoles et bateaux-bus circulant sur le Grand Canal

Bali : 150 000 roupies, une fois par voyage

Bali applique une taxe de 150 000 roupies (environ 8 à 9 €) à tous les visiteurs étrangers. Point important, souvent mal compris : elle se paie une seule fois par voyage, pas par nuit ni à chaque entrée sur l'île.

Le paiement est entièrement dématérialisé, par carte ou QRIS, avant le départ, à l'arrivée à l'aéroport, ou pendant le séjour. Vous recevez un QR code à conserver : des contrôles aléatoires ont lieu à l'entrée des grands sites, et sans voucher vous payez sur place. Les titulaires de KITAS/KITAP, les visas étudiants et diplomatiques en sont exemptés.

Un réflexe s'impose ici : la seule plateforme officielle est lovebali.baliprov.go.id, en .go.id, le domaine réservé au gouvernement indonésien. Des sites clones en .com facturent le double ou davantage pour la même formalité.

Le temple balinais Pura Ulun Danu Beratan et sa tour à toits étagés au bord du lac Bratan, massifs verts en arrière-plan

Japon : la note grimpe sur trois fronts

Le Japon ne fait payer aucun droit d'entrée sur son territoire, mais trois hausses concomitantes alourdissent la facture en 2026.

La taxe de sortie passe de 1 000 à 3 000 ¥ (environ 17 €) au 1er juillet 2026. Vous ne la paierez jamais à un guichet : elle est intégrée au prix du billet d'avion. Détail utile, les billets émis jusqu'au 30 juin 2026 restent taxés à l'ancien tarif, même pour un vol postérieur.

La taxe de séjour de Kyoto a changé d'échelle au 1er mars 2026. Elle est désormais calculée par personne et par nuit selon le prix de la chambre, en cinq paliers : 200 ¥ en dessous de 6 000 ¥, 400 ¥ jusqu'à 19 999 ¥, 1 000 ¥ jusqu'à 49 999 ¥, 4 000 ¥ jusqu'à 99 999 ¥, et 10 000 ¥ (environ 58 €) au-delà de 100 000 ¥ la nuit. Le palier dépend de la date du séjour, pas de celle de la réservation : un séjour de mars 2026 réservé en 2025 subit bien la nouvelle grille. Comme le montant est par personne, une famille de quatre voit la note quadrupler. Détails sur le site de l'office de tourisme de Kyoto.

Le mont Fuji, enfin, fait payer 4 000 ¥ par ascension sur ses quatre voies, avec réservation obligatoire et plafond de 4 000 grimpeurs par jour sur la voie Yoshida. Le portail de la 5e station ferme de 14h00 à 3h00 du matin pour empêcher l'ascension d'une traite sans nuit en refuge, et votre équipement est contrôlé au passage. Réservation sur fujisan-climb.jp.

Une rumeur à écarter au passage : Fushimi Inari reste gratuit. Aucun droit d'entrée n'a été instauré au sanctuaire aux torii, contrairement à ce qu'on lit régulièrement.

Le mont Fuji au lever du soleil, sa silhouette conique émergeant d'une mer de nuages dans une lumière orangée

Europe : la taxe de séjour, discrète mais lourde

C'est le poste qui pèse le plus sur un séjour d'une semaine, et le moins visible au moment de réserver, car il s'ajoute souvent au règlement sur place.

Amsterdam reste la championne d'Europe avec 12,5 % du prix de la nuitée hors taxes, taux inchangé en 2026. Attention à un effet de bord : la TVA néerlandaise sur l'hébergement est passée de 9 % à 21 %, si bien que votre facture augmente sans que la taxe de séjour ait bougé. La ville a proposé de monter à 16 % en 2027, mais le conseil municipal ne l'a pas encore voté.

Barcelone a relevé ses tarifs au 1er avril 2026. La note additionne une part régionale catalane et une surtaxe municipale portée à 5 €, soit par personne et par nuit : 12,00 € en hôtel 5 étoiles, 8,40 € en 4 étoiles, 9,50 € en appartement touristique et 6,00 € en auberge de jeunesse — les auberges devenant assujetties. La taxe ne s'applique qu'aux sept premières nuits dans un même établissement. Barème officiel sur le site de l'Agència Tributària de Catalunya.

Édimbourg a inauguré le 24 juillet 2026 la première taxe de séjour à l'échelle d'une ville au Royaume-Uni : 5 % du coût de l'hébergement, plafonné aux cinq premières nuits consécutives. Piège de calendrier : elle s'applique à toute réservation faite depuis le 1er octobre 2025 pour un séjour postérieur au 24 juillet 2026.

La Norvège, elle, a voté un cadre qui autorise ses communes touristiques à prélever jusqu'à 3 % — mais chaque commune doit d'abord faire approuver son dossier. En pratique, peu de perceptions démarreront avant 2027. Et la vague n'est pas unanime : le South Ayrshire, en Écosse, vient d'abandonner son projet de taxe pour observer les effets ailleurs.

Canal d'Amsterdam bordé de maisons à pignons, avec un bateau de tourisme orange et la tour de la Westerkerk au fond

Croisières : vous payez sans le voir

Si vous arrivez par bateau, vous ne sortirez jamais votre carte : la taxe est versée par la compagnie et répercutée sur le prix de la croisière. Elle mérite malgré tout votre attention, car elle explique une partie de la hausse des tarifs.

La Grèce module sa taxe de débarquement selon la saison et le port. En haute saison, du 21 juillet au 30 septembre, elle atteint 20 € par passager à Santorin et Mykonos, contre 5 € dans les autres ports. Elle tombe à 12 € et 3 € en moyenne saison, puis à 4 € et 1 € en hiver.

Amsterdam facture 15,00 € par passager et par tranche de 24 heures en 2026, croisières fluviales comprises, à partir de 2 ans.

Barcelone a retenu une logique volontairement inversée : l'escale de moins de 12 heures coûte 11,00 € par passager, plus cher que l'escale longue à 9,00 €. L'objectif est de décourager les touchées express qui déversent des milliers de visiteurs pour quelques heures. Plusieurs propositions de hausse circulent pour 2027, dont aucune n'est adoptée à ce jour.

« L'escale de moins de 12 heures est taxée plus cher que l'escale longue : à Barcelone, la durée du séjour, et non le nombre de passagers, est devenue l'instrument de régulation. »

Quotas : le vrai risque n'est pas le prix

Sur les grands sites archéologiques, la régulation ne passe pas par le tarif mais par le créneau horaire et le billet nominatif. Le danger n'est pas de payer davantage : c'est de perdre son entrée pour un quart d'heure de retard ou un prénom mal orthographié.

L'Acropole d'Athènes plafonne la fréquentation à 20 000 visiteurs par jour, avec des quotas horaires dégressifs — 3 000 personnes entre 8h et 9h, 2 000 sur le créneau suivant. Le billet plein tarif est à 30 € en 2026, et la réduction hivernale a été supprimée. On réserve une fenêtre d'une heure, avec une tolérance de quinze minutes de part et d'autre. Les groupes de croisière saturent la colline de 10h à 14h : visez l'ouverture ou la fin d'après-midi.

Le Machu Picchu impose des circuits fixes, un créneau d'entrée et un quota de 4 500 à 5 600 visiteurs selon la saison. Comptez environ 163 soles pour un adulte étranger depuis le 1er mai 2026, supplément de conservation inclus. Le billet est nominatif, avec contrôle d'identité : les données doivent correspondre exactement à votre passeport. La tolérance de retard est de 30 minutes en basse saison, 45 en haute saison — au-delà, l'entrée est refusée sans remboursement. En haute saison, réservez deux à quatre mois à l'avance sur tuboleto.cultura.pe, la seule plateforme officielle.

Pompéi plafonne à 20 000 visiteurs par jour avec une répartition très déséquilibrée du 16 mars au 14 octobre : 15 000 entrées le matin, 5 000 seulement l'après-midi. Les billets sont nominatifs depuis fin 2024, et la billetterie officielle est passée à Vivaticket en mars 2026.

La citadelle inca du Machu Picchu au soleil, ses terrasses et ses murs de pierre dominés par le pic du Huayna Picchu
Le Parthénon sur l'Acropole d'Athènes vu en contre-plongée, ses colonnes doriques se détachant sur un ciel bleu

Payer selon d'où l'on vient : la tendance qui monte

Une logique nouvelle s'installe, et elle ne cible pas les touristes en général mais certains d'entre eux.

Au Japon, le château de Himeji demande depuis mars 2026 2 500 ¥ aux visiteurs adultes non-résidents de la ville, contre 1 000 ¥ aux habitants. Le critère est le domicile, pas la nationalité : un étranger vivant à Himeji paie le tarif réduit, un Japonais venu d'une autre préfecture paie le plein tarif.

En France, cinq grands musées nationaux — Louvre, Orsay, Versailles, Pompidou et quai Branly — appliquent depuis le 14 janvier 2026 un tarif de 32 € aux visiteurs hors Espace économique européen, contre 22 € pour les résidents de l'EEE. Vous n'êtes pas concerné en tant que Français, mais vos proches américains, britanniques ou japonais le sont.

À Kyoto enfin, les ruelles privées de Gion sont interdites d'accès et de photographie, sous peine d'une amende de 10 000 ¥ décidée par l'association de riverains. Ce n'est ni une taxe ni une mesure municipale : les artères publiques comme Hanami-koji restent ouvertes. La règle vise le harcèlement des maiko, pas la promenade.

Cinq réflexes avant de partir

Vérifiez la date, pas seulement le principe. Venise ne facture que certains jours, la Norvège n'a encore rien prélevé, Édimbourg a démarré en juillet 2026. Un dispositif « annoncé » n'est pas un dispositif en vigueur.

Passez toujours par la plateforme officielle. lovebali.baliprov.go.id pour Bali, tuboleto.cultura.pe pour le Machu Picchu, cda.ve.it pour Venise, hhticket.gr pour l'Acropole. Les revendeurs facturent des frais parfois considérables pour le même billet.

Vérifiez l'orthographe de votre nom. Machu Picchu et Pompéi délivrent des billets nominatifs contrôlés à l'entrée. Un prénom manquant par rapport au passeport peut suffire à faire refuser l'accès.

Comptez la taxe de séjour par personne. À Kyoto comme à Barcelone, le montant est individuel : pour une famille, l'addition n'est pas celle affichée par nuit mais son multiple.

Réservez tôt les sites à quota. Deux à quatre mois pour le Machu Picchu en haute saison, deux à trois semaines pour l'Acropole en juillet-août. Les créneaux du matin partent en premier.

Ces dispositifs évoluent vite, souvent d'une saison à l'autre. Les montants ci-dessus sont ceux publiés par les administrations concernées au 13 août 2026 : revérifiez sur le site officiel dans les jours précédant votre départ.

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