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Travel Advice
Tableau des départs et arrivées d'un aéroport, en noir et blanc, avec plusieurs vols marqués annulés au-dessus d'une foule de voyageurs.
Récit

Vol retardé ou annulé : combien vous pouvez toucher et comment réclamer (2026)

Trois heures de retard à l'arrivée ou une annulation tardive donnent droit à 250, 400 ou 600 € par passager, sauf circonstance extraordinaire. Le barème, les vols couverts, la médiation devenue obligatoire en 2026 et ce que change la réforme européenne publiée en octobre.

Par La rédaction Travel Advice 11 min de lecture

Si votre vol arrive avec plus de trois heures de retard, ou s'il est annulé moins de deux semaines avant le départ, la compagnie vous doit 250, 400 ou 600 € par passager selon la distance. Seule exception : une circonstance extraordinaire qu'elle doit prouver, comme une tempête ou une fermeture de l'espace aérien. Ce droit vient du règlement européen 261/2004, et en France vous avez cinq ans pour le faire valoir.

Deux nouveautés changent la marche à suivre. Depuis le 6 février 2026, un passager qui veut aller au tribunal doit d'abord passer par le médiateur du tourisme et du voyage. Et la réforme européenne du règlement a été publiée au Journal officiel le 2 octobre 2026 : elle garde le seuil de trois heures et les montants, mais ne s'appliquera qu'à partir du 23 octobre 2027. Voici le barème, les vols couverts, les pièges et la démarche, vérifiés dans les textes le 11 octobre 2026.

Combien pouvez-vous toucher pour un vol retardé ou annulé ?

Le montant ne dépend pas du prix du billet mais de la distance du trajet, mesurée à vol d'oiseau entre l'aéroport de départ et la destination finale. Un aller simple Ryanair à 30 € donne droit à la même somme qu'un billet Air France à 300 € sur la même distance.

Distance du trajetIndemnité par passagerExemple au départ de Paris
1 500 km ou moins250 €Nice, Barcelone, Londres, Rome
Plus de 1 500 km dans l'Union européenne400 €Athènes, Helsinki, Canaries
Entre 1 500 et 3 500 km hors de l'UE400 €Marrakech, Istanbul
Plus de 3 500 km entre l'UE et un pays tiers600 €New York, Bangkok, Montréal

Pour un long-courrier, la compagnie peut réduire l'indemnité de moitié, soit 300 €, si vous arrivez avec un retard compris entre trois et quatre heures. La Cour de justice de l'Union européenne l'a admis dans l'arrêt Sturgeon de 2009, celui qui a aligné les retards de trois heures sur les annulations.

Le retard se compte à l'arrivée, pas au départ. Un avion qui décolle avec quatre heures de retard mais rattrape une heure en vol ne donne rien. L'heure qui compte est celle où une porte de l'avion s'ouvre, pas celle de l'atterrissage, comme l'a jugé la CJUE dans l'arrêt Germanwings de 2014. Vingt minutes de roulage peuvent donc faire passer un retard de 2 h 50 à 3 h 10. Notez l'heure d'ouverture des portes sur votre téléphone.

Avec une correspondance réservée sur un même billet, seul compte le retard à la destination finale. Un premier vol en retard d'une heure qui vous fait rater le second et arriver avec cinq heures de retard ouvre droit à l'indemnité, calculée sur la distance totale.

Salle d'embarquement d'aéroport presque vide, grandes baies vitrées sur le tarmac où stationne un avion, quelques passagers assis qui attendent.
Le retard se mesure à l'ouverture des portes à destination, pas à l'heure de décollage affichée en salle d'embarquement.

Quels vols sont couverts par le règlement européen ?

Tout vol qui part d'un aéroport de l'Union européenne est couvert, quelle que soit la compagnie, low-cost comprises. Un vol qui arrive dans l'UE depuis un pays tiers n'est couvert que si la compagnie est européenne. Les règles de service-public.fr s'appliquent aussi à la Norvège, à l'Islande et à la Suisse, ainsi qu'aux vols vers les départements d'outre-mer.

  • Paris → New York sur Delta : couvert, car le vol part de l'UE.
  • New York → Paris sur Air France : couvert, car la compagnie est européenne.
  • New York → Paris sur Delta : non couvert par le droit européen.
  • Bangkok → Paris sur Thai Airways : non couvert, compagnie non européenne au départ d'un pays tiers.

Le Royaume-Uni applique depuis le Brexit sa propre copie du règlement, avec des montants en livres. Un vol Londres → Paris sur une compagnie britannique relève de ce texte et non du droit européen.

Annulation : à partir de quand la compagnie vous doit-elle de l'argent ?

Tout dépend de la date à laquelle vous êtes prévenu. Une annulation annoncée au moins deux semaines avant le départ ne donne droit qu'au remboursement ou à un autre vol. En dessous, l'indemnité est due, sauf si la compagnie vous propose un vol de remplacement aux horaires proches :

Annulation annoncéePas d'indemnité si le vol de remplacement…
2 semaines ou plus avant le départAucune indemnité, dans tous les cas
Entre 7 jours et 2 semaines avantpart au plus tôt 2 h avant et arrive moins de 4 h après l'horaire prévu
Moins de 7 jours avantpart au plus tôt 1 h avant et arrive moins de 2 h après l'horaire prévu

Dans tous les cas, vous choisissez entre le remboursement du billet, versé sous sept jours selon service-public.fr, et un réacheminement vers votre destination. Un bon d'achat ne peut pas vous être imposé : il faut votre accord écrit.

Les circonstances extraordinaires : la grande excuse des compagnies

La compagnie échappe à l'indemnité si le retard vient d'un événement qu'elle ne maîtrise pas et qu'elle n'aurait pas pu éviter avec des mesures raisonnables. C'est à elle de le prouver, pas à vous. En pratique, c'est le motif de refus le plus fréquent, et il est souvent contestable.

Ce qui est en général reconnu comme extraordinaire : une météo incompatible avec la sécurité du vol (orage, neige, brouillard), une restriction du contrôle aérien, une fermeture d'aéroport ou de l'espace aérien, une grève des contrôleurs aériens ou du personnel de l'aéroport, un risque pour la sûreté, un passager malade ou violent qui force un déroutement, un impact d'oiseau.

Ce qui ne l'est pas : une panne technique ordinaire, même réelle (arrêt Wallentin-Hermann, 2008), un équipage absent ou en dépassement d'horaires, un retard accumulé lors des rotations précédentes (sauf s'il vient lui-même d'une circonstance extraordinaire), et la grève du personnel de la compagnie elle-même. La CJUE l'a jugé pour une grève sauvage chez TUIfly en 2018 puis pour une grève syndicale des pilotes de SAS en 2021.

La distinction est simple à retenir : une grève des contrôleurs aériens ne vous rapporte rien, une grève des pilotes ou des hôtesses de votre compagnie vous rapporte l'indemnité. Quand la compagnie invoque « des raisons opérationnelles » sans autre détail, demandez par écrit la cause exacte du retard.

Avion de ligne stationné sur un tarmac enneigé sous un ciel blanc, deux passerelles mobiles couvertes de neige au premier plan.
Une chute de neige qui empêche de décoller en sécurité est une circonstance extraordinaire : pas d'indemnité, mais la compagnie doit quand même vous nourrir et vous loger.

Repas, hôtel, appels : l'assistance est due même sans indemnité

L'assistance n'a rien à voir avec l'indemnité, et elle reste due même en cas de tempête ou de grève des contrôleurs. La compagnie doit vous la fournir gratuitement dès que le retard au départ atteint deux heures pour un vol de 1 500 km ou moins, trois heures pour un vol plus long dans l'UE ou de 1 500 à 3 500 km, quatre heures au-delà.

  • Des rafraîchissements et des repas en rapport avec l'attente, souvent sous forme de bons à utiliser dans l'aéroport.
  • Deux communications : appels, SMS ou e-mails.
  • Une nuit d'hôtel et le transfert entre l'hôtel et l'aéroport si le départ est reporté au lendemain.

Si personne ne vous propose rien, payez le strict nécessaire et gardez chaque ticket : la compagnie doit rembourser des dépenses raisonnables, pas un dîner gastronomique. Les autres frais causés par le retard, comme une nuit d'hôtel perdue à destination ou un billet de train manqué, se réclament en plus de l'indemnité forfaitaire, sur justificatifs, au titre de la convention de Montréal, qui régit aussi les bagages perdus, retardés ou abîmés.

Comment réclamer votre indemnité, étape par étape

La démarche se fait en quatre temps, et les deux premiers suffisent dans la plupart des dossiers simples.

  1. Réclamez par écrit à la compagnie. Passez par le formulaire de son site plutôt que par le service client au téléphone. Joignez la carte d'embarquement, la confirmation de réservation et toute preuve du retard (capture de l'application, photo du tableau des arrivées, heure d'ouverture des portes). Indiquez le montant demandé et un RIB : l'indemnité est due en argent, pas en bon d'achat.
  2. Attendez deux mois. Sans réponse ou face à un refus, passez à l'étape suivante.
  3. Saisissez le médiateur du tourisme et du voyage. Depuis le 6 février 2026, cette médiation est obligatoire avant toute action en justice pour un retard, une annulation ou un refus d'embarquement. Sans elle, le tribunal déclarera la demande irrecevable. L'obligation ne vise pas les dossiers les plus anciens (réclamation faite avant le 6 février 2026, vol de plus de quatre ans à cette date). La saisine en ligne est gratuite. Elle suppose une réclamation écrite à la compagnie, restée sans réponse 60 jours ou refusée, et une compagnie adhérente au médiateur.
  4. Saisissez le tribunal judiciaire si la médiation échoue. Une seule assignation peut regrouper toute une famille.

En parallèle, vous pouvez signaler le refus à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) via le formulaire de service-public.fr. Ce signalement aide l'administration à contrôler les compagnies, mais il ne vous fera pas verser l'argent et ne remplace pas la médiation.

Rien ne presse : en France, l'action se prescrit par cinq ans, comme l'a confirmé la Cour de cassation dans deux arrêts du 10 octobre 2019 (résumé de l'UFC-Que Choisir). Un vol retardé à l'été 2022 peut encore être réclamé aujourd'hui.

Faut-il passer par AirHelp ou une plateforme du même type ?

Ces sociétés montent le dossier à votre place et ne se paient qu'en cas de succès, mais elles prennent une part importante. D'après sa grille tarifaire internationale, AirHelp prélève 35 % TTC, plus 15 % si une action en justice est nécessaire : sur 600 €, il vous reste 390 €, voire 300 €. Pour un retard simple sur une compagnie qui paie, faites la demande vous-même. La plateforme se justifie surtout quand la compagnie refuse sans raison valable et que vous n'avez pas le temps de suivre une procédure.

Hall d'enregistrement d'un aéroport avec des files de voyageurs et leurs valises devant les comptoirs des compagnies aériennes.
Au comptoir, demandez une attestation de retard ou d'annulation : elle simplifie la réclamation écrite que vous enverrez ensuite.

Ce que change la réforme européenne, et à partir de quand

Le règlement (UE) 2026/2202, qui révise le 261/2004, est paru au Journal officiel le 2 octobre 2026. Il ne s'appliquera qu'à partir du 23 octobre 2027. Jusque-là, tout ce qui précède reste le droit en vigueur.

Pendant les négociations, les États membres voulaient relever le seuil à quatre heures, voire six pour les long-courriers. Le texte final n'en garde rien : trois heures de retard à l'arrivée, et toujours 250, 400 ou 600 €. Les changements portent ailleurs :

  • Long-courrier : les 600 € peuvent être réduits de moitié si vous arrivez avec moins de quatre heures de retard. La compagnie peut déjà le faire aujourd'hui : la règle entre simplement dans le texte.
  • Délai de réclamation : la demande devra être adressée à la compagnie dans les neuf mois suivant le vol. C'est bien plus court que les cinq ans dont vous disposez aujourd'hui : ne laissez plus traîner une réclamation.
  • Information et réponse : la compagnie devra vous informer de vos droits sous 96 heures après le voyage, accuser réception de la demande, puis payer ou motiver son refus sous 30 jours.
  • Liste des circonstances extraordinaires : une annexe fixe les cas reconnus (météo, contrôle aérien, grève des prestataires de l'aéroport…). La grève du personnel de la compagnie n'y figure que si les revendications relèvent uniquement des pouvoirs publics.
  • Hôtel : en cas de circonstance extraordinaire, la compagnie pourra limiter l'hébergement à trois nuits.

Le même texte encadre le bagage cabine. Nous avons détaillé ce volet, et ce qu'il garantit vraiment, dans notre article sur les règles réelles du bagage cabine en 2026.

Questions fréquentes

J'ai 2 h 55 de retard à l'arrivée : ai-je droit à quelque chose ?

Pas à l'indemnité, qui commence au-delà de trois heures. Vous avez droit en revanche à l'assistance (repas, boissons) si l'attente au départ a dépassé le seuil de votre distance. Vérifiez l'heure d'ouverture des portes : c'est elle qui fait foi, et elle arrive souvent quelques minutes après l'atterrissage.

Les compagnies low-cost doivent-elles payer aussi ?

Oui. Ryanair, easyJet, Transavia ou Wizz Air sont soumises au même barème que les compagnies classiques sur tous les vols au départ de l'UE. Le prix du billet n'entre pas en compte.

Mon vol a été annulé à cause d'une grève : suis-je indemnisé ?

Cela dépend de qui fait grève. Une grève des contrôleurs aériens ou du personnel de l'aéroport est une circonstance extraordinaire : pas d'indemnité, mais l'assistance et le remboursement restent dus. Une grève des pilotes ou des hôtesses et stewards de votre compagnie ouvre droit à l'indemnité.

La compagnie me propose un bon d'achat : dois-je l'accepter ?

Non. L'indemnité est due par virement, chèque ou espèces. Un bon n'est valable que si vous l'acceptez par écrit. Il peut être intéressant s'il vaut nettement plus que la somme due et que vous comptez revoler sur cette compagnie.

Ma carte bancaire ou mon assurance voyage couvrent-elles un retard ?

Certaines cartes haut de gamme et certains contrats d'assurance remboursent des frais liés à un retard (repas, hôtel, achats de première nécessité), avec des plafonds et des seuils propres à chaque contrat. Cette prise en charge s'ajoute aux droits européens sans les remplacer. Nous avons détaillé les garanties des principales cartes dans notre article sur ce que couvre l'assurance de votre carte bancaire.

Et si on me refuse l'embarquement ?

Un refus d'embarquement pour surréservation ouvre droit à la même indemnité de 250 à 600 €, sans condition de retard. D'autres refus sont légaux, comme un document de voyage manquant : nous les avons listés dans notre article sur les règles qui piègent au moment d'embarquer en 2026.

Sources

Les informations chiffrées de ce guide proviennent des sources suivantes, consultées à la date de publication.

  1. eur-lex.europa.eu — Règlement (UE) 2026/2202 du 16 septembre 2026 modifiant le règlement 261/2004, publié au JOUE le 2 octobre 2026, applicable à partir du 23 octobre 2027 ; seuil de 3 heures et montants de 250/400/600 € maintenus ; réduction de 50 % des 600 € si l'arrivée a moins de 4 heures de retard ; demande à formuler dans les 9 mois ; information sous 96 heures et réponse sous 30 jours ; hôtel limité à 3 nuits en cas de circonstances extraordinaires ; liste non exhaustive des circonstances extraordinaires en annexe
  2. www.service-public.gouv.fr — Vol retardé (vérifié le 6 février 2026) : barème 250/400/600 €, assistance selon la distance (2, 3 ou 4 heures), 5 ans pour réclamer, réclamation puis délai de 2 mois, médiation préalable obligatoire depuis le 6 février 2026 avant toute action en justice, signalement possible à la DGAC, cumul possible avec la convention de Montréal
  3. www.service-public.gouv.fr — Vol annulé : pas d'indemnité si l'annulation est annoncée au moins 2 semaines avant ; entre 7 jours et 2 semaines, seulement si le vol de remplacement part au plus tôt 2 heures avant et arrive moins de 4 heures après ; moins de 7 jours, au plus tôt 1 heure avant et moins de 2 heures après ; remboursement du billet sous 7 jours
  4. eur-lex.europa.eu — CJUE, Sturgeon, C-402/07 et C-432/07, 19 novembre 2009 : les passagers de vols retardés de 3 heures ou plus à l'arrivée ont droit à l'indemnisation ; réduction de 50 % possible pour un long-courrier si le retard reste inférieur à 4 heures (point 63)
  5. eur-lex.europa.eu — CJUE, Germanwings, C-452/13, 4 septembre 2014 : l'heure d'arrivée est le moment où au moins une porte de l'avion s'ouvre
  6. eur-lex.europa.eu — CJUE, Wallentin-Hermann, C-549/07, 22 décembre 2008 : un problème technique n'est pas une circonstance extraordinaire, sauf s'il découle d'événements non inhérents à l'activité normale du transporteur
  7. eur-lex.europa.eu — CJUE, Krüsemann, C-195/17, 17 avril 2018 : la « grève sauvage » du personnel navigant après une annonce de restructuration n'est pas une circonstance extraordinaire
  8. eur-lex.europa.eu — CJUE, Airhelp c/ SAS, C-28/20, 23 mars 2021 : une grève du personnel de la compagnie lancée par un syndicat n'est pas une circonstance extraordinaire
  9. www.quechoisir.org — Cour de cassation, deux arrêts du 10 octobre 2019 (n° 18-20.490 et 18-20.491) : l'action en indemnisation fondée sur le règlement 261/2004 se prescrit par 5 ans
  10. mtv.travel — Médiation Tourisme et Voyage : réclamation écrite préalable au professionnel dans les 12 mois, saisine possible sans réponse sous 60 jours, professionnel adhérent, procédure gratuite pour le consommateur
  11. www.airhelp.com — AirHelp : commission de 35 % TTC de l'indemnité obtenue, plus 15 % TTC de frais d'action en justice si une procédure est nécessaire
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