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Aurore boréale verte au-dessus des cabanes rouges de pêcheurs de Hamnøy, dans les îles Lofoten en Norvège, sous un ciel étoilé.
Récit

Islande ou Norvège pour voir les aurores boréales : le comparatif

Tromsø offre plus de chances par nuit et coûte moins cher, l'Islande remplit mieux les journées. Latitude, nuages, budget, vols depuis Paris : le comparatif chiffré pour l'hiver 2026-2027.

Par La rédaction Travel Advice 12 min de lecture

Pour maximiser vos chances de voir une aurore boréale en une nuit donnée, la Norvège du Nord l'emporte : Tromsø se trouve sous l'ovale auroral, là où Reykjavik en reste au bord. Elle coûte aussi moins cher. L'Islande garde un avantage net sur ce qu'on fait de jour, mais sa météo atlantique et ses prix jouent contre elle. Les chiffres ci-dessous ont été vérifiés le 6 septembre 2026 ; chaque donnée renvoie à sa source.

Le choix n'est pourtant pas aussi tranché qu'on le lit souvent. En hiver, les deux villes comptent autant de jours de précipitations. L'écart de latitude vaut un ou deux crans d'activité géomagnétique, pas un gouffre. Et le pic du cycle solaire est passé, ce qui ne condamne aucun des deux hivers à venir. Voici comment trancher selon ce que vous cherchez, avec les sources pour chaque donnée.

Longue draperie d'aurore boréale verte au-dessus d'un fjord gelé et de montagnes enneigées près de Tromsø, en Norvège du Nord.
Aurore au-dessus d'un fjord enneigé près de Tromsø. À cette latitude, une activité géomagnétique faible suffit pour que le ciel s'allume.

Où a-t-on le plus de chances de voir une aurore ?

À Tromsø. Les aurores boréales se forment dans une couronne autour du pôle magnétique, l'ovale auroral. Selon la NOAA, le bord sud de cet ovale se situe vers 66° de latitude géomagnétique quand l'activité est nulle (indice Kp 0), et il descend d'environ 2° à chaque cran de Kp supplémentaire.

La latitude qui compte ici n'est pas celle de la carte, mais la latitude géomagnétique. Tromsø est à 69,6° Nord sur la carte et à environ 66,7° géomagnétiques : la ville est sous l'ovale dès que le Kp atteint 0 ou 1. L'observatoire de Leirvogur, à douze kilomètres de Reykjavik, est à 64,2° Nord géographiques mais seulement 64,1° géomagnétiques d'après l'ISGI. Il faut donc un Kp proche de 2 pour que l'ovale recouvre franchement la capitale islandaise.

Cet écart existe, mais il reste modeste. Un Kp de 2 ou 3 revient plusieurs nuits par mois en période active. L'Institut météorologique islandais précise d'ailleurs que l'ovale, juste au nord de l'île en journée, passe au-dessus de l'Islande le soir. Le sud de l'île n'est pas hors jeu, il demande simplement un peu plus d'activité et un peu plus de patience.

Le cycle solaire joue-t-il encore en 2026-2027 ?

Oui, encore largement. La NASA et la NOAA ont annoncé le 15 octobre 2024 que le Soleil était entré dans son maximum. Le Met Office britannique a confirmé le 29 janvier 2026 que ce pic avait eu lieu en 2024 et 2025 et que le cycle 25 entrait en phase de déclin.

Cette phase n'a rien d'une extinction. La NASA rappelle que les tempêtes géomagnétiques les plus fortes surviennent souvent après le maximum, pas pendant. Les hivers 2026-2027 et 2027-2028 restent donc de bonnes années, sans qu'aucun opérateur puisse garantir une nuit précise. Le cycle fixe le niveau moyen ; la nuit où vous serez dehors dépend de la météo et d'un peu de chance.

« « Même une activité de niveau 2 (faible) peut être belle, et un niveau 3 (modéré) peut être éblouissant. » (Even grade 2 (low activity) can be beautiful and grade 3 (moderate) can be dazzling.) »

Les nuages, le vrai juge de paix

Une aurore intense derrière une couche de stratus reste invisible. C'est ici que la comparaison réserve une surprise : en plein hiver, Tromsø n'est pas plus sèche que Reykjavik. Les normales 1991-2020 des deux services météo donnent environ 15 jours de précipitations par mois de novembre à janvier dans les deux villes. La réputation de ciel dégagé de la Norvège du Nord vient d'ailleurs, de la Laponie intérieure. Le fameux « trou bleu » se trouve à Abisko, en Suède, pas sur la côte norvégienne.

Les heures d'ensoleillement mensuelles racontent la même histoire. Elles mesurent le soleil, pas la nuit, mais elles trahissent la couverture nuageuse moyenne.

MoisReykjavik (h de soleil)Tromsø (h de soleil)
Septembre11896
Octobre9255
Novembre408
Décembre130
Janvier233
Février6236
Mars110111

Normales 1991-2020 d'après les données de l'Icelandic Met Office et de Met Norway (compilation Wikipedia, liens en fin d'article). Le zéro de décembre à Tromsø tient à la nuit polaire, pas aux nuages. La leçon pratique vaut pour les deux pays : prévoyez au moins trois ou quatre nuits sur place, et acceptez de rouler une heure pour trouver une trouée. Les excursions guidées font exactement ça.

Combien d'heures de nuit pour observer ?

L'obscurité favorise nettement Tromsø. La nuit polaire y dure du 27 novembre au 15 janvier environ : le soleil ne se lève pas, et l'observation peut commencer dès 15 heures. À Reykjavik, le jour le plus court dure encore 4 h 10 selon l'université d'Islande, avec un lever vers 11 h 20 et un coucher vers 15 h 30.

Cet avantage s'efface en septembre-octobre et en mars, quand les deux destinations offrent des nuits longues mais pas totales. Ces mois sont pourtant les meilleurs sur le papier : la NOAA note que l'activité est statistiquement plus forte autour des équinoxes. Le créneau le plus productif se situe entre 22 heures et 2 heures du matin, et une pleine lune réduit le contraste. La saison court de fin août à début avril dans les deux pays.

Aurore boréale verte en forme de spirale au-dessus d'un champ de lave enneigé en Islande, sous un ciel étoilé.
Aurore en spirale au-dessus d'un champ de lave islandais. Le sud de l'île a besoin d'un Kp un peu plus élevé que Tromsø, mais les nuits actives y sont tout aussi fortes.

Quel budget prévoir en Islande et en Norvège ?

La Norvège coûte moins cher, et l'écart est large. Selon l'indice Eurostat 2025 des niveaux de prix des biens et services de consommation, l'Islande se situe à 173,5 pour une moyenne européenne de 100, la Norvège à 128,6. Autrement dit, ce qui coûte 100 € au prix moyen de l'Union revient à environ 173 € en Islande et 129 € en Norvège. Les conversions ci-dessous utilisent les taux de la BCE du 4 septembre 2026 : 1 € = 140,80 couronnes islandaises = 10,80 couronnes norvégiennes.

L'excursion guidée, seul poste où l'Islande gagne

Une sortie aurores en autocar depuis Reykjavik démarre à 9 990 couronnes, soit 71 €, pour trois à quatre heures, avec une nouvelle tentative gratuite si le ciel reste vide. À Tromsø, la formule courante est le minibus de 2 à 15 personnes : comptez 1 890 à 2 200 couronnes, soit 175 à 204 €. La différence de prix s'explique en partie par la durée : les minibus norvégiens roulent sept à neuf heures et vont chercher le ciel dégagé jusqu'à la frontière finlandaise.

Hôtels et voiture

La dernière donnée saisonnière détaillée de Statistics Norway donne un prix moyen de 1 362 couronnes par chambre d'hôtel en novembre 2024, soit 126 €, avec une hausse de 28 % dans le comté de Troms, attribuée aux nouvelles liaisons aériennes directes vers Tromsø. Depuis, la demande n'a pas faibli : 1,9 million de nuitées dans les hôtels norvégiens en novembre 2025, un niveau proche du record de l'année précédente. Comptez donc au moins ce tarif pour l'hiver 2026-2027. L'Islande ne publie pas de statistique équivalente ; l'indice général des prix suffit à dire que la nuit y revient plus cher, en particulier à Reykjavik en haute saison hivernale.

Côté voiture, l'Islande a introduit une nouveauté au 1er janvier 2026 : une redevance kilométrique de 6,95 couronnes par kilomètre, environ 5 centimes d'euro, sur tous les véhicules quelle que soit leur énergie. Un tour du sud de 1 500 km ajoute donc près de 74 € à la location, que les loueurs facturent souvent sous forme de forfait journalier. En contrepartie, les accises sur les carburants avaient été supprimées, mais les prix à la pompe ont regagné 20 à 31 couronnes par litre le 1er septembre 2026. En Norvège, la taxe routière sur les carburants, suspendue du 1er avril au 1er septembre 2026 par décision du Storting, est revenue à cette date : l'essence est repassée à environ 26,84 couronnes le litre, soit 2,48 €, selon les médianes DrivstoffAppen relevées le 1er septembre 2026.

PosteIslandeNorvège du Nord
Niveau de prix Eurostat 2025 (UE = 100)173,5128,6
Excursion aurores guidéedès 71 € (autocar, 3-4 h)175 à 204 € (minibus, 7-9 h)
Chambre d'hôtelpas de statistique officielle, plus cher126 € en moyenne (dernière donnée SSB, nov. 2024)
Voitureredevance 6,95 ISK/km depuis 2026essence env. 2,48 €/L
Se passer de voituredifficile hors Reykjavikfacile à Tromsø
Route islandaise déserte longeant un fjord en hiver, avec des montagnes aux sommets enneigés sous un ciel bleu pâle.
La route n°1 dans l'est de l'Islande en hiver. Sans voiture, l'île se réduit à Reykjavik et à quelques excursions en car.

Comment y aller depuis Paris ?

L'Islande reste la plus simple à rejoindre. Icelandair et easyJet assurent une vingtaine de vols directs par semaine entre Roissy et Keflavík en septembre 2026, pour environ 3 h 50 de vol, et Transavia ajoute une liaison hebdomadaire depuis Orly. La compagnie à bas prix Play, longtemps citée comme option, a cessé toute activité le 29 septembre 2025. Ne comptez plus dessus.

Tromsø se rejoint désormais sans escale en hiver : Air France, Norwegian et easyJet programment chacune un vol direct hebdomadaire depuis Roissy à partir d'octobre ou novembre, pour un peu moins de quatre heures. Le reste de la semaine, on passe par Oslo, ce qui allonge le trajet d'une demi-journée. Pour les Lofoten, il n'existe pas de vol direct depuis Paris : la correspondance à Oslo vers Evenes ou Bodø est obligatoire.

Faut-il louer une voiture ?

En Islande, presque toujours. Reykjavik permet de partir en excursion organisée, mais le Cercle d'or, la côte sud et les grottes de glace supposent de rouler. L'hiver impose une discipline quotidienne : consulter umferdin.is, le site de l'administration des routes qui a remplacé road.is, avant chaque départ, accepter les fermetures de tempête, et oublier les pistes de montagne, fermées jusqu'au printemps. Les pneus cloutés sont tolérés du 1er novembre au 15 avril selon la ville de Reykjavik, et une profondeur de sculpture de 3 mm est exigée en hiver sur les voitures particulières.

À Tromsø, la voiture est facultative. Les minibus partent du centre-ville, les excursions baleines et traîneau incluent le transfert, et le centre se parcourt à pied. Si vous louez malgré tout pour rayonner vers Senja ou les Alpes de Lyngen, la réglementation norvégienne impose dans les comtés du Nord des pneus avec au moins 3 mm de sculpture du 16 octobre au 30 avril, clous autorisés sur la même période. Les routes principales y sont déneigées avec une régularité que l'Islande n'égale pas.

Pour préparer la partie route de chaque option, nos deux guides détaillent les itinéraires : l'Islande par la Ring Road et la Norvège des fjords aux Lofoten.

Aurore boréale verte au-dessus des lumières de la ville de Tromsø et de son pont, vues depuis la rive opposée du détroit.
Aurore au-dessus de Tromsø et de son pont. La ville est la base la plus pratique d'Europe pour observer sans voiture.

Que faire le jour, en attendant la nuit ?

C'est le point fort de l'Islande. Les grottes de glace du Vatnajökull se visitent de novembre à mars environ, toujours avec un guide glaciaire, jamais seul. S'y ajoutent la lagune glaciaire de Jökulsárlón, les cascades du Cercle d'or, les plages de sable noir et les bains géothermiques, où une réservation reste prudente en saison. Une semaine sur la côte sud se remplit sans effort, aurores ou pas.

La Norvège du Nord répond avec la mer et les animaux. Les orques et les baleines à bosse suivent les harengs autour de Skjervøy de novembre à janvier, les sorties en chiens de traîneau tournent tout l'hiver, et plusieurs fermes de rennes sames accueillent les visiteurs autour de Tromsø. Pour qui préfère la mer, Hurtigruten maintient sa promesse d'aurores pour les départs du 20 septembre 2026 au 31 mars 2027 : sur un voyage d'au moins onze jours, si aucune aurore n'est annoncée à bord, une croisière classique de six ou sept jours vous est offerte l'hiver suivant, à réclamer dans les 28 jours.

Volcans en Islande : faut-il s'inquiéter ?

Pas au point de renoncer, mais au point de suivre l'actualité. Au 18 août 2026, l'Institut météorologique islandais ne signalait aucune éruption en cours sur la péninsule de Reykjanes. La dernière avait débuté le 16 juillet 2025. Depuis, environ 29 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi, et le scénario jugé le plus probable reste une nouvelle intrusion vers Sundhnúkur, avec un préavis de vingt minutes à quatre heures. Grindavík est ouverte, les fermetures préventives de la zone et des bains voisins restent possibles à court préavis. Les vols à Keflavík n'ont jamais été perturbés par les éruptions de cette série ; seules des alertes ponctuelles de gaz ont touché la région de Reykjavik.

Deux destinations qui ne désemplissent pas

L'affluence pèse sur les prix et sur les réservations. L'Office du tourisme islandais a compté environ 2,27 millions de visiteurs étrangers en 2025 via Keflavík, dont 30 % entre novembre et mars. La Norvège a battu son record avec 40,6 millions de nuitées en 2025, dont 14,2 millions de nuitées étrangères, en hausse de 14 % ; Statistics Norway attribue la croissance hivernale du comté de Troms principalement aux visiteurs étrangers, selon son bilan de février 2025. Dans les deux cas, réservez hébergement et excursions avant de partir pour les vacances de Noël et de février.

Aurore boréale verte et bleue au-dessus de collines enneigées sous un ciel constellé d'étoiles, par temps parfaitement dégagé.
Ciel dégagé et aurore active : deux des trois conditions réunies, la troisième étant une lune discrète. Les prévisions officielles permettent de viser ces nuits-là.

Quels outils pour prévoir les aurores ?

Les services officiels suffisent, et ils sont gratuits. En Islande, la prévision de l'Institut météorologique combine une note d'activité de 0 à 9 pour minuit et une carte de couverture nuageuse : les zones vertes sont couvertes, les blanches dégagées. Cherchez le blanc avant de regarder le chiffre.

En Norvège, l'université de Tromsø publie NOSWE, une prévision immédiate à une et quatre heures, avec une caméra tout-ciel à Skibotn actualisée toutes les deux minutes. Le service météo national propose sur Yr une page « Nordlys » par localité, avec Kp et nuages, et Visit Norway édite l'application Norway Lights, qui donne trois jours de prévision et un détail horaire. Pour l'activité solaire elle-même, la prévision à trois jours de la NOAA est mise à jour toutes les douze heures.

Verdict : Islande ou Norvège selon votre profil

  • Première tentative, budget serré, peu de nuits : Tromsø. Meilleure probabilité par nuit, pas de voiture à louer, vols directs depuis Paris en hiver.
  • Une semaine avec des journées bien remplies : l'Islande. Grottes de glace, cascades, bains chauds, et des aurores en prime les nuits actives.
  • Famille avec enfants : la Norvège du Nord. Baleines, traîneau et fermes de rennes occupent les journées courtes ; les sorties aurores rentrent tôt pour ceux qui le souhaitent.
  • Photographe : les Lofoten en Norvège pour les avant-plans, l'Islande pour la diversité des paysages. Dans les deux cas, prévoyez une voiture et au moins cinq nuits.
  • Sans voiture, sans stress météo : une croisière Hurtigruten d'au moins onze jours, avec la seconde chance offerte si le ciel reste vide.

Si vos dates tombent en octobre, notre sélection où partir en octobre replace ces deux destinations parmi d'autres options d'arrière-saison.

Questions fréquentes

Quel mois choisir pour les aurores en Islande ou en Norvège ?

Septembre-octobre et mars offrent le meilleur compromis : activité géomagnétique plus forte autour des équinoxes selon la NOAA, nuits déjà longues, routes encore praticables et températures supportables. Décembre et janvier donnent le plus d'heures d'obscurité, surtout à Tromsø pendant la nuit polaire, au prix de journées très courtes et d'une météo plus rude.

Faut-il un Kp élevé pour voir des aurores à Tromsø ?

Non. Tromsø se trouve sous l'ovale auroral dès un Kp de 0 ou 1. Un ciel dégagé compte davantage que l'indice. Un Kp élevé, de 5 ou plus, déplace au contraire l'ovale vers le sud et peut placer l'aurore au-dessus de la Norvège centrale plutôt qu'au zénith de Tromsø.

Peut-on voir des aurores à Reykjavik même ?

Oui, les nuits de Kp 2 ou 3 avec un ciel dégagé, à condition de s'éloigner de l'éclairage public. Le phare de Grótta, à l'ouest de la ville, est le point d'observation le plus proche. Une sortie à trente minutes de route vers l'intérieur augmente sensiblement les chances.

L'hiver 2026-2027 est-il encore une bonne année ?

Oui. Le maximum du cycle solaire 25 a eu lieu en 2024 et 2025, mais la phase de déclin qui suit produit régulièrement les tempêtes les plus fortes du cycle, comme le rappellent la NASA et le Met Office. L'activité moyenne baissera progressivement jusqu'au prochain minimum, attendu à la fin de la décennie.

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